Joanna Klatten: « Un break qui m’a donné des ailes .. »

par Golfouest

Klatten_let « 3 mois après mon dernier article, j’entame un second “break”, celui-ci inevitable du fait qu’il n’y a plus de tournois. Le break que j’avais pris après l’open de France était voulu et nécessaire, afin de me ressourcer auprès de mes proches, et retrouver l’amour pour le jeu. J’ai donc pris des vacances en bord de mer en Espagne suivies par un long séjour a Paris. Pendant 3 semaines, je suis revenue a une vie sociale complètement normale, bien différente de celle que je mène pendant les 3/4 de l’année. Faire des sacrifices a ce niveau la est malheureusement inévitable si l’on veut atteindre ses objectifs, surtout si ces objectifs se situent en haut de l’échelle. On ne peut tout simplement pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Cependant, 2 a 3 fois par an, il est important de « se lâcher ». Et c’est pour ca que ce  pour reprendre l’entrainement avec vigueur a dallas pendant le mois de novembre.
J’ai fait un travail très productif avec mon coach Randy, ainsi qu’avec mon equipe de fitness, AMPD. En 5 semaines, j’ai vu Randy 4 fois. La durée de nos leçons varient entre 2 et 4 heures. 
La premiere séance, nous avons revu la technique, a l’aide de son système de video implanté dans son bureau, depuis lequel je tape des balles. Nous nous sommes principalement focalisés sur les fondamentaux, c’est a dire grip, alignement, et posture.
La seconde séance, j’ai passé deux heures a taper mes deux bois de parcours, le bois 3 et l’hybrid 19 degrés, tout en variant les lies. Randy adore me mettre dans des divots, car ca ne pardonne Klatten_alpgpas les “cueillettes”. Mes bois de parcours étaient une réelle faiblesse ces deux dernières années, expliquant ma moyenne de score lamentable sur les pars 5, compte tenu de ma longueur au drive. Mais grace a un matériel plus adapté (encore un grand merci a Geoff Waddington, qui a passé 7 heures avec moi a Gainsborough pour me fitter), cette faiblesse est en train de disparaitre.
Pendant la troisième leçon, nous avons passé 4 heures a taper des wedges (58, 54, et 50 degrés) vers différentes cibles. Nous travaillons principalement sur la hauteur de balle. Il préfère une balle en peu plus tendue, avec un spin au second rebond; une balle qui sera donc plus facilement controllable, surtout dans le vent.
Puis lors de la dernière leçon, nous avons passé trois heures sur les fers moyens et longs, ainsi que le driver.
Techniquement, les changements se sont portés principalement sur un grip légèrement plus faible, un poids légèrement plus sur l’avant des pieds, puis surtout un travail continu sur un bas du corps qui s’écroule moins sur la zone de l’impact, ce qui entraine mon club a venir trop de l’intérieur.
Avec Randy, les choses restent simples. Il ne supporte pas les details techniques. Il veut conserver le coté naturel du swing. C’est pourquoi il ne touche que très légèrement a ma montée. Ils soutient que ma montée est ce qui me donne ma puissance, en plus de ma rotation de hanches.
Klatten2_JonesA chaque reprise, je suis impatiente de travailler avec Randy. Son discours a tellement de sens, il a toujours une réponse claire et logique a toutes mes questions. Et pourtant, j’en ai un paquet! Le pauvre, je l’éprouve a force… Mais je ne pense pas être la seule a me prendre la tete sur ce sport de fou.
Ce que j’apprécie particulièrement chez Randy, c’est son professionnalisme. Apres plus de trente années de coaching (parmi ses élèves, beaucoup des meilleures joueurs mondiaux), il pourrait être las et se laisser facilement distraire. Pourtant, c’est loin d’être le cas. Une fois que la leçon commence, pendant l’intégralité du cours, j’ai 100% de son attention. Je ressens toujours une grande intensité dans sa concentration pendant le temps que nous passons ensemble.
Randy est un homme passionné, et intègre. Figurant dans la liste des 50 meilleurs coachs selon golf digest depuis plus de 20 ans, il aurait pu comme beaucoup “prendre le melon”, augmenter ses tarifs comme la plupart l’ont fait. Et bien, vous seriez surpris de savoir combien il facture l’heure… Je n’irai pas dans les détails car c’est personnel. Mais je peux vous dire que je connais pas mal de coachs, qui parce qu’ils ont eu une petite carrière sur le tour en tant que joueur pro, se permettent d’imposer des tariffs exorbitants a leurs clients. Ne soyez pas dupes, ce n’est pas parce Klatten(Asian_Tour)qu’un coach a su bien jouer en tant que pro qu’il sera un bon enseignant. Très souvent, ils cherchent a vous faire reproduire leurs sensations. Or, nous sommes tous physiquement différents. Un bon coach, c’est quelqu’un qui saura s’adapter a vos aptitudes physiques. Souvent, quand je joue des proams, mes amateurs me demandent que je les corrige. Et 90% du temps, ils finissent par jouer encore plus mal qu’au debut de la partie. Tout ca pour vous répéter que ce n’est pas parce que l’on joue bien qu’on sait coacher! Randy, Butch Harmon, Cameron Mc Cormick (coach de Jordan Spieth), Jim Mc Lean, Mike Bender, Chuck Cook sont parmi tant de coachs de renommée mondiale qui n’ont pas réussi en tant que joueurs pros sur le tour.
Bref, ce n’est ni l’argent, ni la notoriété qui servent de moteur pour Randy. Ce qui le fait vibrer avant tout, c’est de voir son élève évoluer et progresser. Chose qu’il a en commun avec mes deux coachs précédents, Cedric Doucet et Paul Galitzine. Je suis fière d’avoir été coaché pendant ma carrière par des coachs qui humainement sont des mecs bien.
Avec AMPD, je travaille le physique d’une manière adaptée a mon swing de golf. AMPD, c’est une équipe de plusieurs entraineurs physiques qui ont de grandes connaissances sur les besoins physiques pour le golf. Parmi leurs élèves, Jordan Spieth, qui travaille avec eux depuis 7 ans… Tous les deux a trois mois, il font une analyse de vos faiblesses musculaires, et examinent votre swing en venant vous voir jouer, afin de mieux cibler cet entrainement physique.
Comme j’aime commencer tot mes journées d’entraînement de bonne heure, c’est Andrew Banner qui s’occupe principalement de moi. Il fait un travail formidable, et je suis vraiment reconnaissante de l’intérêt qu’il me porte. Il est clairement passionné par ce qu’il fait, et montre qu’il prend plus de satisfaction a voir son élève progresser plutôt qu’a encaisser un cheque.
Bref, j’étais ravie de mon travail a Dallas. Pendant ce temps la, j’ai rencontré encore du très beau monde a Dallas. C’est une ville qui ne cesse de grandir dans mon coeur. Les gens y sont tellement sympathiques et généreux.
Klatten_Joanna (6)Puis je suis rentrée une semaine a Paris avant mon tournoi a Dubai. J’ai pu faire quelques parcours, et je dois avouer que j’étais assez inquiète sur l’état de mon jeu. J’étais si peu a l’aise avec mon nouveau grip que je faisais un peu n’importe quoi. Heureusement, j’avais pris un vol assez en avance pour Dubai, afin de profiter des conditions idéales d’entrainment pour me preparer au tournoi. Je suis donc arrivée le vendredi soir sur place, le tournoi ne commencant que mercredi. Samedi, dimanche, et lundi, j’ai fait du parcours tous les jours, et j’ai passé beaucoup de temps sur le practice, ainsi que sur le putting green. Petit a petit, j’ai retrouvé une frappe de balle de plus en plus solide. Mercredi matin, j’avais retrouvé toute ma confiance.
Le premier tour, j’ai joué +4, en tapant bien la balle! C’était très étrange comme partie. Le peu de coups que j’ai raté m’ont couté très cher; je n’arrivais tout simplement pas a scorer. C’est souvent ce qui se passe lorsqu’on ne joue pas de tournois pendant plus de deux mois. On perd cette capacité a scorer.
Cependant, j’ai bien rebondi, puisque j’ai enchainé avec des scores de -2, -4, et dans le par, avec un dernier trou ou ma balle a malheureusement spiné pour revenir dans l’eau.
Malgré ce finish décevant, j’étais relativement satisfaite de ma performance, compte tenu de mon manque de competition. Mon driving était clairement mon point faible, avec quelques lachers assez spectaculaires a droite. Mon jeu de fers, lui, était très bon, mon chipping aussi, et mon putting est en progrès.
Ce tournoi est très encourageant pour la suite. Je ne suis pas inquiète pour le driving, j’ai confiance qu’on trouvera la solution avec Randy quand je le revois en janvier.
Je suis a l’heure actuelle sur le chemin de retour de Singapour, ou j’ai passé noel avec mes famille. Deux de mes frères y habitent. J’avais pris une demi série de clubs avec moi, j’ai pu donc taper quelques balles pendant mon séjour. Le problème, avec Singapour, c’est que ca coute une fortune de jouer. Il y a peu de clubs, et beaucoup de demande donc les greenfees sont très chers.
Je pars donc fêter le nouvel an dans le sud de la France, avant de repartir le 6 janvier pour les Etats-Unis. Je suis impatiente de reprendre un entrainement de qualité, mais surtout la compétition, qui me manque terriblement. Le calendrier 2016 s’annonce très chargé. Je jouerai principalement sur le LPGA, puis quelques tournois du LET.
Je vous souhaite a tous de très bonnes fetes, et vous remercie pour l’agréable soutien que vous m’avez apporté en 2015! Une mention spéciale a mon ami et ancien coach Paul Galitzine (de l’age de 8 ans a 23 ans), qui est mon plus grand fan, et dont le soutien quotidien, particulièrement dans les moments difficiles de cette année 2015, m’a aidé a relever la tete.
Un grand merci a mon sponsor KNAUF, a Puma pour les vêtements, a Honma qui m’a fourni des clubs pendant deux ans, et désormais Ping pour le reste de ma carrière j’espère bien!
A bientôt, »
Joanna

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